Clarification morphologique de deux rosiers alpins : Rosa montana Chaix et Rosa chavinii Rapin ex Reuter
Simon M. & Garraud L., 2026. Clarification morphologique de deux rosiers alpins : Rosa montana Chaix et Rosa chavinii Rapin ex Reuter. Les Nouvelles archives de la Flore jurassienne et du nord-est de la France, n°23, p : 45-58.
Le genre Rosa est reconnu pour sa grande complexité taxonomique, en particulier au sein de la section des Caninae, où les limites spécifiques restent discutées depuis le XIXe siècle. Rosa chavinii Rapin ex Reuter et Rosa montana Chaix constituent un exemple emblématique de ces difficultés, ayant été tour à tour considérées comme espèces distinctes, formes intermédiaires ou hybrides présumés. Afin de clarifier le statut morphologique de ces deux taxons, une étude morphométrique approfondie a été menée à partir de 259 individus appartenant à sept taxons proches (R. montana, R. chavinii, R. canina et les taxons affines R. dumalis et R. dumalis var. transiens). L’échantillonnage inclut notamment des spécimens issus des loci classici de R. montana et R. chavinii. L’échantillonnage est ainsi constitué de 29 spécimens de R. chavinii et de 26 spécimens de R. montana récoltés dans leur aire de répartition dans les Alpes françaises et suisses. Les caractères morphologiques ont été étudiés à l’aide d’analyses en composantes principales (ACP), complétées par des diagrammes en barres. Cette étude est uniquement morphologique, aucune considération génétique n’a été prise en compte. Les résultats mettent en évidence une structuration partielle mais cohérente des individus. L’axe principal de l’ACP oppose clairement le groupe R. canina au complexe R. montana – chavinii – dumalis. Rosa chavinii occupe une position intermédiaire mais très centrale et distincte, se séparant assez nettement de celle de R. canina et de R. montana, tout en montrant un chevauchement partiel avec celle de R. dumalis var. transiens. Des analyses ciblées sur ces deux taxons révèlent toutefois des critères discriminants robustes, notamment liés à la morphologie du fruit, du pédoncule et des glandes, ainsi qu’à l’odeur résineuse. L’ensemble des résultats confirme que Rosa chavinii présente un phénotype morphologiquement cohérent, distinct de celui de R. montana, bien que relié à celui-ci par un continuum peu marqué. Cette étude montre que l’approche morphométrique multivariée constitue un outil efficace pour l’identification et la compréhension des relations taxonomiques complexes au sein du genre Rosa.